Atelier « Dessine-moi la rade de Toulon » : du paysage peint au paysage de mémoire

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La rade de Toulon, le port, les quais, l’arsenal, les reliefs du Faron et du littoral constituent un paysage, mais aussi un espace stratégique, militaire, économique et mémoriel.

À partir de références picturales toulonnaises, les élèves découvrent comment la ville et sa rade sont devenues, entre le XVIIIe et le XXe siècle, un sujet artistique. Avec Claude-Joseph Vernet, le port apparaît comme un théâtre organisé par la Marine, l’État, le travail et les circulations. Au XIXe siècle, les vues de Courdouan, Nardi ou Olive-Tamari déplacent le regard vers l’horizon, les reflets, les masses des montagnes, les bleus de la mer et les silhouettes des bateaux.

La Seconde Guerre mondiale introduit une rupture : la rade et les quais deviennent aussi un paysage blessé, marqué par les bombardements, les destructions, les navires coulés et la reconstruction. Le paysage garde alors plusieurs couches : beauté du site, puissance du port, violence de la guerre et mémoire de la reconstruction.

Objectif : dessiner la rade de Toulon non comme un simple paysage, mais comme un paysage porteur de traces historiques et mémorielles. Le dessin peut superposer trois niveaux : le paysage visible, avec la mer, les montagnes et l’horizon ; le port, avec les quais, les navires, l’arsenal et les silhouettes industrielles ; les traces de mémoire, sous forme d’ombres, de fumées, de pointillés, d’effacements, de lignes brisées ou de formes fantomatiques.

Afin de faciliter la tenue de l’atelier, un questionnaire d’observation encadre la séance :

  • Que voit-on en premier, la mer, les montagnes, le port ou la ville ?
  • Quelles sont les grandes lignes du paysage ?
  • Qu’est-ce qui paraît stable ?
  • Qu’est-ce qui paraît fragile ?
  • Comment dessiner ce qui a disparu : par une ombre, une ligne brisée, un effacement ou une silhouette ?